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    Thérèse Boucraut

     

    Exposition à la Galerie Couteron en octobre 2011

    Dans le parc
    huile sur toile - 130 x 130 cm - 2008

     

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    Née à Troyes dans l’Aube. Elle s’installe à Paris avec Maurice Breschand qu’elle a rencontré à l’Ecole et épousé en 1958. Leur parcours est inséparable. Elle participe à de nombreuses expositions de groupe autour de la figuration dès 1969.

    FORMATION
    Ecole des Arts Décoratifs. Diplômée de l’ENSAD en 1957
    Maitrise d’histoire de l’art: «Louis Fernandez  1900-1973» - Paris 1986 

    EXPOSITIONS PERSONNELLES
    2011 Galerie Couteron, Paris

    MUSÉES ET COLLECTIONS
    Musée de Dunkerque, de Saint-Omer, Saint-Dié-des-Vosges, Médiathèque de Caen,  Douai, Bourges, Pont- l’Evêque, Bibliothèque d’Ottawa et BNF, Fonds National d’Art Contemporain.  

    Lecture en forêt II
    huile sur toile - 97 x 113 cm - 2009

     

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    LA SÉRIE RENCONTRES EN FORÊT

    [...]Extraordinaires fragments d’une personne et d’un acte, indissociables l’un de l’autre. L’objectivité qui n’hésite pas à sectionner, c’est-à-dire à la fois chasser hors-champ la complaisance, à la fois centrer sur l’essentiel, l’essentiel étant un travail, et un corps au travail. De la rudesse dans tout cela, celle de la création, et celle d’un corps tout entier voué à elle.[...]
    Patricia Castex Menier

    Dans le bois III: huile sur toile - 24 x 60 cm - 2008
    Dans le bois II: 
    huile sur toile - 30 x 59 cm - 2008

     

Thérèse Boucraut – biographie

Née à Troyes dans l’Aube, après des études classiques, Thérèse Boucraut est entrée à l’Ecole des Arts Décoratifs. Diplômée de l’ENSAD en 1957,  elle s’installe à Paris avec Maurice Breschand qu’elle a rencontré à l’Ecole et épousé en 1958. Leur parcours est inséparable. Elle peint et grave et réalise des expositions de peinture, à la Galerie de l’Université à Paris dans les années 60-70 (Préface de Gérard Xuriguera,1974), puis dans les Galeries Simone Badinier (Préface de J.M. Dunoyer), Bercovy- Fugier (Préface de C. Sala et texte de Pierre Brisset dans L’Oeil), Pierre Kamouh, Paris, et Galerie de La Tour à Troyes.
En 1964, Thérèse Boucraut  et  Maurice Breschand  ont réalisé une tenture en tissus cousus, ayant pour thème les 6 premiers jours de la Genèse, pour l’Eglise Saint-Bruno, à Troyes.
Elle participe à de nombreuses expositions de groupe autour de la figuration dès 1969: «Comment c’est» à la MJC de Puteaux, «Dessin» à la MJC Les Hauts de Belleville en 1977, expositions au Musée de l’Avallonais (1976), à la Galerie Bellint (1979) présentée par J.M. Dunoyer,  puis dans les années 80 «De La Figuration», Musées de Châteauroux, de Carcassonne, de Dunkerque .
Thérèse Boucraut est représentée dans différents Musées et Collections : Musée de Dunkerque, de Saint-Omer, Saint-Dié-des-Vosges, Médiathèque de Caen, Douai, Bourges, Pont-l’Evêque, Bibliothèque d’Ottawa et BNF, Fonds National d’Art Contemporain.
Thérèse Boucraut a une Maitrise d’histoire de l’art : «Louis Fernandez  1900-1973», Paris 1986.

Therese Boucraut – galerie

Thérèse Boucraut – quelques mots sur les toiles

« RENCONTRES EN FORÊT »

On ne dira jamais assez combien les souris et les grenouilles sont de petits génies bienfaisants : ce sont elles qui, en 2009, m’ont fait connaître Thérèse Boucraut. Celle-ci, en effet, sur la demande de l’éditeur Vincent Rougier, illustra mon petit livre de poèmes, Révisions. D’une page à l’autre, apparues grâce au pinceau de l’aquarelle avec autant de légèreté que de bonhomie, autant de vie que d’humour, ces petites bêtes, donc, m’accompagnèrent, sans que je sache vraiment d’où elles venaient. Ce verbe «accompagner», les peintres le préfèrent à celui d’«illustrer», et je les comprends. Ici, de surcroît, il est très juste : les images ainsi, comme avec un clin d’œil complice, me prirent par la main et me menèrent vers la rencontre, celle de Thérèse Boucraut, et celle de son œuvre.
De la personne, chaleureuse, pétillante, je ne parlerai pas ici, malgré l’envie que j’en ai : il suffit de regarder ses huiles sur toile nommées  autoportraits , dans lesquels on ne voit jamais le visage en entier, pour savoir qu’il faut respecter non pas le mystère – ce qui serait une notion trop grandiloquente, mais la discrétion d’une artiste. J’y reviendrai cependant, car ces tableaux nous parlent aussi, avant tout, de la peinture, du travail de la peinture.
Pour l’instant, promenons-nous dans les versions de dans la forêt , une forêt d’hiver, tableaux déclinant plusieurs fois le même «motif», et en écho aussi avec dans le parc, ou concert champêtre. Ces arbres nus – que le plan d’ensemble coupe toujours avant la cime, ces forêts – que ne surplombe que très peu ou pas du tout de ciel, sont-ils angoissants ? Non, puisque toujours le lieu est visité, habité, par la présence humaine. Ici, dans la forêt, nous rencontrons une jeune fille, ou un homme d’âge mûr ; dans le parc, une femme, et pour le Concert champêtre, une jeune femme et un enfant. Hors les murs, dans la nature, en cette unique saison du paysage, s’expriment les saisons, au pluriel, de la vie. Tout un chemin, avec ses variations d’années et de statures des personnages, avec ses variations de lumière et de couleurs du paysage.
Des modulations, et des constantes : dans la forêt les personnages, adossés à un tronc ou assis à même la terre, lisent ; ou, s’ils ne lisent pas, jouent de la musique (concert champêtre) ou pensent ( dans le parc). Ainsi les arts, c’est -à-dire, finalement, l’authentique intériorité humaine, ont leur place naturelle dans le « dehors » du monde. Notre regard, ce promeneur dans le tableau, marche dans la forêt, croise ces êtres concentrés, et passe sans interrompre ces activités profondes que célèbre, comme fraternellement, celle de peindre.  Connivence aussi à d’autres titres : d’une part, avec l’histoire de la peinture elle-même – comment ne pas reconnaître le salut au Titien du concert champêtre ou, dans le parc, la permanence de la figure de la mélancolie, ici aussi massive dans ses formes féminines que celle de Dürer ? D’autre part, il y a dans ces personnages trop de douce proximité et de disponibilité sous le regard, pour que, même réinventés, ils n’aient pas été tout d’abord peints «sur le vif», pris «sur le motif» de la vie, des saisons personnelles entre les arbres des jours.
Modèles d’intimité, même sans nom, sans identité soulignée, redonnés au monde par le truchement d’une forêt ; nous les rencontrons, parfois en ne les apercevant que de loin (concert champêtre), parfois à distance d’une simple largeur de sentier (la jeune fille debout appuyée à un arbre, l’homme assis près de son livre), parfois au plus proche ( la femme pensive dans le parc ).
 Ecarts, distances, rapprochements, focalisations, cadrages : ainsi du plan  d’ensemble au gros plan , au très gros plan même, qui sélectionnent, comme en ces autoportraits dont j’avais dit, d’emblée, que j’en reparlerai. En voici quatre, successivement, et en mouvement, comme on tenterait de reconstituer un puzzle : d’abord une main, une seule,  qui tient le pinceau, qui peint, un bras, un seul,  à l’horizontal, un quart de buste, pas de visage ; puis la main qui tient le pinceau, qui peint ou qui pose le geste un instant, le bras, légèrement abaissé, presque tout le buste, une seconde main, inactive, pas de visage ; ensuite la main qui tient le pinceau, qui ne peint plus, le bras un peu abaissé encore, le buste sans les épaules, un second bras sans la seconde main, cette fois le corps jusqu’au ventre, la taille, sanglé dans un tablier de travail, pas de visage ; enfin presque tout le corps, cette fois le bas du visage – nous ne verrons pas le regard, il y a toujours le premier bras, haut levé maintenant – nous ne verrons pas la main qui tient le pinceau, quant au second bras, le voici le long du corps, et la main inactive posée contre la cuisse à mi- hauteur du tablier, c’est elle, semble-t-il, qui s’impose. Est-elle inactive ? Non, elle est, dirait-on, à l’écoute du corps, de ce corps plus très jeune, un peu creusé, mais tendu jusqu’à cette main qu’on ne voit plus, qui peint peut-être encore. Quant au regard, si nous pouvions le croiser, vers où est-il tourné ? Vers la main qui peint peut-être, vers le reflet dans le miroir, vers le tableau en train de se faire, vers l’intériorité de cette femme, vers nous ? Extraordinaires fragments d’une personne et d’un acte, indissociables l’un de l’autre. L’objectivité qui n’hésite pas à sectionner, c’est-à-dire à la fois chasser hors-champ la complaisance, à la fois centrer sur l’essentiel, l’essentiel étant un travail, et un corps au travail. De la rudesse dans tout cela, celle de la création, et celle d’un corps tout entier voué à elle.
C’est une longue histoire, le peu de cheveux représenté est gris ; c’est une longue promenade dans les forêts des saisons, dont celle d’hiver qu’on reconnaît en fond de chacun de ces autoportraits( dont les trois premiers, d’ailleurs, s’intitulent dans le bois) puisque ce sont les mêmes arbres nus, les mêmes couleurs, la même absence de ciel. Mais, tiens, sur le premier, sous le bras qui peint, en perspective et comme vue en plongée, des biches, légères, aériennes…elles rejoignent, vives, alertes, mes souris et mes grenouilles, elles vont vers moi, et cette fois en compagnie, évidente, de Thérèse Boucraut.
Patricia Castex Menier

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