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    Clara Ramirez

    Artiste colombienne

    Exposition à la Galerie Couteron en 2009 - 2010 - 2013 - 2015

    Série Blancs - Sans titre 1
    2014 - huile sur toile - 116 x 73 cm

     

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    Clara Ramirez est née en 1959 à Medellin, Colombie.
    Elle vit et travaille à Paris depuis 1979.

    FORMATION
    1981-1983 Études d’impression textile. Diplôme national supérieur des arts appliqués et métiers d’art (ENSAAMA), 

    EXPOSITIONS PERSONNELLES
    2010 Galerie Couteron, Paris
    2009 Galerie Couteron, Paris 
    2006 Salon MAC 2006, Paris 
    2005 Galerie Lavignes Bastille, Paris 
    2002 Galerie Le Breton, Paris 
    2001 Galerie Le Breton, Pont-Aven 
    1999 Galerie Le Breton, Paris

    Sans Titre 7
    2014 - diptyque - huile sur toile - 2 x 73 x 60 cm

     

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    LA SÉRIE BLANCS
    [...] «Blancs» habite un entre deux. Là où la peinture réside. Là où survient la réalité, en cette familière étrangeté, qui lui est, d’abord et avant tout, essentielle. [...]
    Eugénie Paultre (poète, enseigne la philosophie)

    LA SÉRIE BOIS

    LA SERIE STRATES GÉOLOGIQUES

    Paysage 4 Bois 09 Montagne 01

Clara Ramirez Katz – biographie

Clara Ramirez est née en 1959 à Medellin, Colombie.
Elle vit et travaille à Paris depuis 1979.

Formation
1981-1983 Études d’impression textile. Diplôme national supérieur des arts appliqués et métiers d’art (ENSAAMA), Paris
1983-1985 Études de stylisme, école ESMOD, Paris
1989-1990 Académie de peinture Port-Royal, Paris
1991-1996 Académie de peinture Saint-Roch, Paris, dirigée par Jean Bertholle

Expositions personnelles

2015 : Galerie Couteron – Paris
2013 : Galerie Couteron – Paris
2010 : Galerie Couteron – Paris
2009 : Galerie Couteron – Paris
2006 : Salon MAC 2006 – Paris
2005 : Galerie Lavignes Bastille – Paris
2002 : Galerie Le Breton – Paris
2001 : Galerie Le Breton – Pont-Aven
1999 : Galerie Le Breton – Paris
1995 : Galerie Le Breton – Paris
1997 : Galerie Le Breton – Paris
1994 : Club de L’Evénement du Jeudi – Paris
1993 : Club de L’Evénement du Jeudi – Paris

Expositions collectives
2014 : Palais de la folle chanson – Bruxelles
2013 : FIAAC – Pouilly
2009 : Galerie Couteron – Paris
2009 :  Galerie Lavignes – Bastille
2008 : Galerie D, Barcelone
2007 : Galerie Jamault – Île de Ré
2007 : Galerie Jamault – Versailles
2007 : Galerie Crid’Art – Amnéville
2005 : 50e Salon de Montrouge – parrainage de J.P. Chambas
2005 : Galerie A.D. – Bogota
2005 : Galerie A.D. – Medellin
2002 : Hôtel de Ville – Dinard
2001 : Galerie Pascal Gabert – Paris
2000 : UNESCO – Paris
1999 : L.B. Art Gallery – Fort Lauderdale, USA

Clara Ramirez – infos complémentaires

site web de l’artiste : www.clararamirez.com

Clara Ramirez – galerie

Clara Ramirez – Quelques mots sur les séries

PAYSAGES PROJETÉS
A la fin des années soixante, des artistes réunis sous le nom de Support Surface, se demandent à nouveau ce qu’est la peinture, quelle est la réalité physique du tableau ? Ils poussent la peinture dans sa matérialité la plus radicalement matérialiste, lui interdisant l’émotion.
Comme ses prédécesseurs, Ramirez Katz questionne la matière de la peinture confrontée à celle du support. Elle aboutit à un effet inverse, laissant le champ libre à l’émotion. Il y a peu de temps, en jouant sur les aspérités de la texture de la toile, elle la transformé en paysage. Actuellement elle va plus loin encore, la toile devient le lieu de confrontations de formes comme un espace topographique où le paysage apparaît en creux signalés par le contraste de « couleurs-formes » : « Les signes dévoilent leurs secrets progressivement. »

En exploitant l’opposition entre le plein et le vide, elle se confronte au même paradigme visuel que les artistes chinois. L’artiste chinois cerne le paysage selon son aspect codé. Il le désigne sous le nom de Shanshui qui veut dire montagne et eau. Les artistes orientaux empreints de la
culture de l’impalpable réalisèrent des paysages littéraires construits à partir de la représentation intellectuelle qu’ils s’en faisaient… L’opposition entre le plein et le vide ils l’ont depuis toujours senti et assimilé dans leur représentations. Leurs paysages irréels ne sont pas la transposition du paysage sur la toile. Pénétrés par le paysage ils illustrent sa réalité subjective. Leurs oeuvres sont parfois accompagnées d’écritures.

Ramirez Katz développe un langage synthétique qui l’amène à une abstraction signalétique efficace. Elle ne décrit pas le paysage, elle le condense à travers la dynamique de l’émotion : « Une émotion que donne un paysage peut se servir de lui – comme d’un mot – et s’y reverser
tout entière, puisqu’elle en fut à l’origine enveloppée. Emotion, paysage ne seront plus dès lors liés par rapport de cause à effet, mais bien par cette connexion indéfinissable, où plus de créancier et plus de débiteur, – par cette association du mot et de l’idée, du corps et de l’âme ;…»
écrit André Gide dans ses Cahiers.

L’artiste met en rapport ses masses déchiquetées noires et pleines qui semblent peser, comme des morceaux de minerai lourd, avec les plages de couleurs ténues et subtilement géométrisées. Les rouges se déversent, les bleus se répandent dans la pesanteur comme des lacs ou de la lave. Les jaunes solaires produisent un sentiment de pesanteur en mouvement, l’artiste pense aux forces telluriques, les secrets de la Terre ressenties, synthétisées, esthétisées. Ces forces qui se croisent sur la toile sont guidées par le vide qui les traversent et les allègent. Le vide accompli l’intégralité de la toile organisant la direction des corps. C’est ainsi que le paysage se forme, s’étend et prend sa véritable échelle, comme dans la peinture chinoise, la circulation du vent qui sépare les montagnes. Les oeuvres récentes de Ramirez-Katz me font penser aux Nabis, et à Vuillard en particulier peut être à cause des cette similitude avec l’art de l’imprimé textile. Chez Ramirez Katz la toile n’est
pas blanche. Elle garde la texture délicate et la couleur du lin. Le drame qui se joue à l’intérieur est absorbé par le textile. On peut voir cette oeuvre de multiples façons. La douceur et la violence s’accomplissent dans une étrange amitié.
Ileana Cornea Paris, juillet 2015

 

BLANCS
Comme une architecture : la pierre, ses formes accidentées, ses stries. Ciel, mer, eau, nuages, unis dans une seule surface, pleine, ouverte.  Des noirs, ses nuances. Le hasard, rêveur, des ombres, des reliefs ; Une blancheur entière, saisissante, poignante, d’où s’élève, comme dans un soulagement, paisiblement, une douceur singulière.

Deux dimensions vivent de leur dialogue : les empreintes, les contours, les signes inscrits, devinés, perdus, retrouvés, conduisent le regard à se plonger dans l’espace sans heurts des aplats blancs ; et vice versa: le trouble que provoque cette forme pâle donnée au vide amène le regard à se reposer dans les dessins et les courbes d’une terre sereine.

De ce dialogue naît un cheminement parmi le jeu des contrastes, tout à la fois nets, tendres, méditatifs. Car les paysages de Clara Ramirez sont des évocations, qui nous incitent et nous invitent à nous abandonner au temps qu’il faut pour ressentir profondément, simplement : pour penser, pour songer, peut-être de prime abord à la différence : celle qui donne littéralement lieu aux choses, ouvrant à leur possibilité propre quand se tient l’équilibre : entre la transparence et l’opacité, entre la
profondeur et la superficie, entre le ciel et la terre.

«Blancs» habite un entre deux. Là où la peinture réside. Là où survient la réalité, en cette familière étrangeté, qui lui est, d’abord et avant tout, essentielle (à dessein de notre émerveillement).

Mais ces falaises, loin de s’immobiliser dans une stature, semblent précisément là pour convier à une traversée. Elles conduisent et entraînent vers un vide, éveillant, ou réveillant, ainsi, l’envie de se perdre, entièrement, tandis qu’une claire sensation de paix nous appelle. Et la lumière, comme sur un rivage, diffusant sa vibration. Des vagues légères, infiniment proche du cœur, à n’en plus finir.
Eugénie Paultre (poète ,  enseigne la philosophie)

LA SÉRIE BOIS DE CLARA RAMÍREZ
«La poésie est l’expression de ce que nous sommes sans le savoir. » Joë Bousquet Après sa série de strates géologiques et silhouettes de hautes montagnes vues depuis le lointain, Clara Ramírez, dans sa nouvelle série intitulée Bois, s’approche de l’horizon et s’introduit dans la forêt, la nature, les plaines ou les dépressions, aux bords des rivières ou des précipices, à la recherche d’une « maison naturelle ».

Dans ces toiles travaillées de façon minutieuse au moyen de couches successives de peinture à l’huile, d’où émergent de petites protubérances pointillistes, l’artiste essaie de capter l’énergie des couleurs et révèle, par contraste, les zones d’ombre ou de lumière.

Son travail antérieur est une ode à la géologie des cordillères, traçant des lignes successives de limite entre le ciel et la terre; avec la nouvelle série elle pénètre la matrice végétale, vue depuis la surface où dansent les lumières filtrées.

Clara Ramírez porte en elle les hautes montagnes des cordillères des Andes, mais aussi la nature placide de l’hémisphère nord.

Devant les montagnes et les forêts solitaires de Clara Ramirez, nous ne pouvons pas oublier qu’il y a une présence permanente, et c’est celle de ce regard de l’artiste qui capte la vie, la terre, le fleuve, les feuilles mortes avec l’odeur essentielle de la terre.
Eduardo Garcia Aguilar Journaliste, écrivain, poète colombien a écrit deux recueils de nouvelles, deux recueils de poésie et trois romans incluant El Viaje Triunfal, lauréat du Prix Ernesto Sabato 1993. Il a également publié des essais sur Alvaro Mutis et Gabriel Garcia Marques 

STRATES GÉOLOGIQUES
À travers des formes essentielles, extraites des profonds gisements du temps et de l’espace, l’œuvre de Clara Ramirez va bien au-delà des premiers paysages de l’enfance. D’où proviennent ces énormes crêtes de la cordillère, ces silhouettes de montagnes lointaines que Ramirez décrit avec une grande économie poétique à travers les couleurs fondamentales que sont le blanc et le noir?

À observer la vaste série de ses paysages, le spectateur, d’où qu’il vienne de par le monde, sera confronté au temps géologique, loin de toute anecdote immédiate ou de référence folklorique. Le citoyen cosmopolite rempli de mots et de concepts, ou le paysan de Mongolie ou du Népal connaisseur d’arômes et de saisons, sauront trouver là le commun dénominateur qui les unit et qui seul peut produire une œuvre d’art.
Les formes plus que millénaires de Ramirez, les crêtes ondulées des cordillères qui subitement s’effondrent en précipices, en abîmes insondables, en eaux dormantes recouvertes de jeunes arbres, en vallées lavées par de vieux fleuves, en horizons de brouillard, paraissent ici extraites avec une patience géologique, avec la même minutie que celle de l’érosion causée par le vent et la pluie sur l’écorce terrestre.

Dans l’œuvre de Ramirez on ne trouve pas la moindre concession à une figuration qui ferait appel à la facilité de la couleur, à l’anecdote ou au chaos artificiel pour cacher ce qui est vrai, ce qu’ont trouvé les artistes anonymes des grottes d’Altamira et de Chauvet, les grands calligraphes et maîtres de l’encre de Chine, ou Rothko et Malevitch à notre époque.

«Les montagnes viennent de l’intérieur, elles ne représentent pas un lieu précis, et comme elles sont de nulle part, elles sont de partout» nous dit Ramirez avec une lucidité diaphane, avec la même vérité que celle du poète devant l’aube ou le crépuscule. Ciel et terre, matière et esprit, noir et blanc, fleuve et montagne, arbre et pré, pierre et mousse, sont les matériaux qui se répandent dans ces toiles ressemblant à des strates géologiques ou à des océans pétrifiés, des vagues sur une plage incessante de sable blanc et de galets gris moulus depuis toujours par la force salée de la mer.

Qu’ai-je vu dans cette série de paysages de Ramirez? Dès le premier instant, je n’ai pas eu le moindre doute que j’étais devant la poésie, et la poésie est la musique du rien et du tout. C’est la fraîcheur de l’enfance retrouvée après avoir creusé dans la roche à la recherche de gemmes jamais vues, dont la transparence s’éclaire un instant, avant d’accéder au règne du silence et de l’obscurité de la nuit, dans les bois et les montagnes originels.
Eduardo Garcia Aguilar Journaliste, écrivain, poète colombien a écrit deux recueils de nouvelles, deux recueils de poésie et trois romans incluant El Viaje Triunfal, lauréat du Prix Ernesto Sabato 1993. Il a également publié des essais sur Alvaro Mutis et Gabriel Garcia Marques

PAYSAGES DE MEMOIRE
Clara Ramirez distingue l’espace qui nous entoure du vide que nous entourons. Le vide devient alors une présence dans l’espace, une présence invisible, un silence, une contemplation : territoires qui dégagent une sérénité bienveillante. Sa démarche aboutit à l’essentiel, articulé dans un plan pictural où se mêlent la matière et les témoins des sensations distillées par sa mémoire. Plusieurs ordres visuels se croisent et dialoguent, pour revenir à ce qui s’est posé sur la toile comme l’expression pure d’un fait. C’est de l’infime que jaillit la totalité. Car, quel que puisse être le minimal auquel elle aboutit, il y reste quelque chose qui est de l’ordre du sensible et de la réalité.

Mais est-ce peut-être davantage : trouve-t-on, tout simplement, le reflet silencieux de sa vie intérieure ? Car « c’est dans le cœur de l’homme qu’est la vie du spectacle de la nature. Pour la voir, il faut la sentir » comme le fait Clara Ramirez. Ses grandes toiles, finalement, ce sont des arbres, des sources… des prétextes en somme, qui se dérobent à toute espèce de discours et qui pourtant, approchent le mystère du monde.
Muriel Carbonnet, 6 juin 2002

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